Être « un peu » ou « beaucoup » autiste?

Dernière mise à jour : 3 août


J’entends et je lis souvent des personnes parler d’autisme « léger » ou « sévère », ainsi que de qualifier des personnes autistes de « presque normales » ou d’être « un peu » ou « beaucoup » autistes.

La prémisse validiste voulant qu’il y ait des degrés de sévérité est fallacieuse. Il est important de rappeler que l’autisme est un spectre.

Toutes les personnes sur le spectre sont autistes, point final. Elles vivent des réalités différentes, peuvent avoir des besoins différents et peuvent nécessiter un soutien dans une ou plusieurs sphères de leur vie. Rien n’est immuable, tout est sujet à variation selon l’environnement de la personne autiste et l’état dans lequel elle est, par exemple.

Le fait est que la société considère les personnes dites « à haut niveau de fonctionnement » comme étant « moins » autistes, parce qu’elles sont capables, selon la croyance populaire, de fonctionner comme une personne « normale ». Ceci est complètement faux.


Le camouflage social (masking), entre autres, est l’une des raisons pourquoi certaines personnes paraissent « moins » autistes ou sans difficultés parce que celles-ci ne sont pas apparentes. D’un autre côté, qualifier les manifestations de l’autisme par des degrés de sévérité crée une disparité entre les personnes autistes, en créant une certaine hiérarchie : des niveaux « inférieurs » et « supérieurs », les premiers considérés comme « moins acceptables » et les seconds comme « plus acceptables » aux yeux de la société. Utiliser des qualificatifs pour minimiser ou amplifier les traits autistiques des personnes autistes contribue non seulement à leur stigmatisation et à invisibiliser leurs difficultés, mais cela a également des conséquences dévastatrices pour ces personnes.