Quoi ne pas dire à une personne autiste


Pour faire suite à mon dernier article sur les manifestations invisibles de l’autisme et les difficultés qui en découlent et qui ne sont pas apparentes, j’avais envie de poursuivre sur le sujet en abordant la minimisation et l’invisibilisation de certaines difficultés vécues par des personnes autistes.





Ça m’est arrivé à plusieurs reprises d’entendre des propos du genre « c’est normal, c’est pareil pour tout le monde », ou encore « c’est difficile pour tout le monde », à titre d’exemple.


Même si l’intention de départ n’est pas d’invalider les difficultés, mais plutôt de rassurer, il reste que ce type de propos minimise, voire invisibilise, les difficultés vécues par une personne autiste. Personnellement, c’est comme ça que je le vis. Cela ne m’aide en rien d’entendre ou de lire ces propos, bien au contraire. Ça me fait me sentir encore plus incomprise, seule et inadéquate.


Me faire dire que j’« exagère », que je « dramatise » une situation, que je « m’énerve pour un rien » ou de me calmer ne tient pas compte des défis et difficultés auxquels je dois faire face quotidiennement, de tous les efforts que je dois mettre en place et du temps de récupération nécessaire pour retrouver mon énergie, déjà limitée à la base. Parfois, je peux mettre plusieurs heures, voire plusieurs journées ou semaines, à me remettre d’une situation qui peut sembler banale pour une personne neurotypique.


Au lieu d’entendre, par exemple, la phrase « C’est difficile pour tout le monde », je préfèrerais qu’on me dise : « Je comprends que ça peut être (plus) difficile pour toi. Dis-moi si je peux t’aider d’une façon ou d’une autre. ». Ou même, souvent, je préfèrerais seulement être écoutée, sans forcément obtenir de réponse ou de conseil.


L’autisme est un spectre et les personnes se situant sur le spectre autistique sont toutes différentes, même si des similarités sont possibles. Les propos de cet article sont basés sur mon expérience et mes réflexions personnelles comme femme autiste.