Ma relation amour-haine avec les réseaux sociaux

Dernière mise à jour : 21 juil.

J’ai pas mal toujours eu une relation amour-haine avec les réseaux sociaux. Autant je peux clairement voir les bénéfices qu’ils me procurent, je ne peux passer à côté des aspects qui m’affectent négativement.




D’abord, je dois avouer que les réseaux sociaux facilitent mes interactions sociales. C’est tellement plus facile pour moi d’aborder les gens à l’écrit plutôt qu’à l’oral. Communiquer à l’écrit me permet d’organiser mes pensées, de prendre le temps de réfléchir à comment dire les choses ou comment je dois me placer ou quelle posture adopter, ne pas avoir à me préoccuper du langage non verbal, du contact visuel, etc.


C’est moins déstabilisant et plutôt que d’être distraite par mon environnement, je peux me concentrer sur la conversation derrière mon écran et répondre au moment qui me convient.


Certains réseaux sociaux me permettent aussi d'user de ma créativité, de mettre à profit mes talents artistiques (par ex.: la photographie) et d'avoir des discussions intéressantes sur des sujets qui me passionnent.

Je ne peux toutefois dissimuler les effets nocifs qu'ont sur moi les réseaux sociaux.


L'ironie est telle que plus je passe de temps sur les réseaux sociaux, plus je me sens seule. Voir la vie des gens, qui frôle souvent la perfection (même si au fond je sais que ce n'est que le culte du beau la plupart du temps), la facilité que je perçois des autres à s'adonner à des activités sociales (par ex.: en groupe, fréquemment, etc.)... Tout cela m'amène à me remettre constamment en question, à trop souvent me comparer et à me dévaloriser.


Je me dis que j'aimerais moi aussi avoir de la facilité à entrer en contact avec les autres, à maintenir des relations amicales, à faire des activités avec plein d'ami.e.s, que la vie serait donc bien plus simple. Que je serais peut-être plus heureuse (ou moins malheureuse?).

Toute cette remise en question et cette introspection me rendent particulièrement anxieuse et dépressive. Au fond de moi, je sais que je suis une personne introvertie et que j'aime être seule, que je suis bien seule et que j'ai souvent besoin de me retrouver seule. Le poids de la masse, de la majorité, qui gagne souvent dans mon combat intérieur. Pourquoi je me sens si seule parmi autant de personnes dans cet univers virtuel? Ironie, ai-je déjà mentionné plus tôt.


Sans compter que je me considère très facilement influençable. Les femmes autistes sont reconnues pour être plutôt habiles dans l'art du mimétisme et dans le rôle du caméléon. Et c'est mon cas. Plus je passe du temps sur les réseaux sociaux, plus mes goûts, mes intérêts spécifiques, mes préférences, etc. sont susceptibles de fluctuer.

En fait, je dirais même, en toute franchise, que les réseaux sociaux peuvent contribuer à la perte de mon identité personnelle ou une confusion quant à celle-ci, tout comme le camouflage social.

À force de vouloir ressembler aux autres parce que je ressens trop souvent un sentiment de vide intérieur et de solitude (lonely, le terme anglais est plus précis selon moi), je me perds. J'oublie qui je suis, fondamentalement. Que c'est aussi valable d'être introvertie, de rester chez moi, dans mon cocon, à m'adonner à mes intérêts, de solliciter moins de contacts physiques et sociaux, de préférer être seule ou avec peu de personnes qu'être en grand groupe, d'être casanière, etc.

La pression sociale vécue par le biais des réseaux sociaux est à mon humble avis très forte et insidieuse.


Autre effet nocif qu'ont sur moi les réseaux sociaux, c'est l'exposition à des contenus non sollicités (par exemple, des contenus violents, haineux, explicites...). Depuis plusieurs années, je ne consomme que les nouvelles en ligne. J'ai cessé la lecture des journaux en version papier. Sur les sites Web d'information, je peux sélectionner le contenu qui m'intéresse et éviter les faits divers. Sur les réseaux sociaux, je suis continuellement exposée à des contenus que je ne souhaite pas regarder ou lire.


Je suis extrêmement sensible à la violence de façon générale, et plus particulièrement à la cruauté envers les animaux et à la violence envers les personnes vulnérables. Je ne la supporte absolument pas. Au point où si je prends connaissance d'un contenu que je considère comme violent, je ressens immédiatement une tristesse intense et profonde qui accroît mon sentiment de vide.


Il en va de même pour les contenus haineux, explicites, ou autres contenus que je ne souhaite pas lire ou regarder. C'est difficile, sur les réseaux sociaux, d'avoir le contrôle sur le contenu auquel je souhaite m'exposer. Et je ne parlerai pas des publicités (tsé, quand je disais plus tôt être facilement influencée?).

Enfin, tous ces éléments plus négatifs, réunis, génèrent chez moi beaucoup d'anxiété, un sentiment de solitude accru, une instabilité au niveau de mon identité personnelle et une dévalorisation.


Lorsque je me sens surchargée ou submergée (overwhelmed), je dois faire une pause pour préserver ma santé mentale. Je me coupe donc partiellement ou totalement des réseaux sociaux. Cela peut se produire brutalement, du jour au lendemain. Lorsque j'ai atteint ma limite de tolérance, je dois me couper de tout pour retrouver mon équilibre intérieur.