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« Hein, mais t'as pas l'air autiste! »

Je n’ai peut-être « pas l’air autiste » pour toutes ces raisons, mais pourtant, je le suis.


Parce que je ne cadre pas avec les stéréotypes d’une personne autiste, on s’étonne quand j’affirme que je suis autiste. « Hein, mais t’as pas l’air autiste! ». « J’aurais jamais pensé! ».



C’est bien évidemment la faute des clichés qui sont constamment répandus et perpétués, et difficiles à combattre. Cela notamment dans la culture populaire, mais pas que. C’est aussi le cas dans le milieu médical (et dans d’autres sphères ou milieux, bien entendu).

« Tu as un bon contact visuel, tu n’as pas de retard de langage et tu n’as pas de tics moteurs. Je n’ai rien pour te faire passer les tests de dépistage. »

— Une psychiatre dans le réseau public de la santé et des services sociaux du Québec, lors d’une rencontre* pour une évaluation psychiatrique (été 2021)



Un mot, « masking ». Dans le fond, en apparence, elle avait raison. La pointe de l’iceberg : ce que l’on voit. Mais ce qu’elle semblait ignorer, de toute évidence, c’est la base de l’iceberg. Je peux regarder dans les yeux, avoir des discussions avec les autres, bien m’exprimer, dissimuler mes comportements d’autostimulation, par exemple, mais à quel prix?


Des efforts intenses pour dissimuler au mieux mes difficultés pour avoir l’air « normale ». Je suis tellement habituée à faire cela, que quand elle m’a rencontrée, elle n’a vu que mon masque. Ce que j’ai appris à faire toute ma vie.


Comme je l’ai mentionné dans mon plus récent article, le masking (camouflage social) est une stratégie de survie sociale très utilisée par les femmes autistes. Cela fait en sorte qu’elles sont aptes à camoufler leurs difficultés afin de pouvoir correspondre au moule neuronormatif. Ce qui n’est pas sans conséquences, tant sur le plan du développement personnel qu’au niveau du diagnostic, lequel est souvent posé tardivement, voire jamais.


Par ailleurs, il convient encore une fois de rappeler que l’autisme est un spectre, et que par conséquent, il n’y a pas de profil unique de personne autiste, tout comme il n’y a pas qu’un seul type d’étoile dans l’univers.


* Fait intéressant concernant ma rencontre d’évaluation avec la psychiatre : je n’ai jamais reçu ses conclusions et c’est par le biais de ma psychologue qui avait accès à son rapport diagnostique que j’ai su qu’elle avait posé le diagnostic de trouble de la personnalité limite (TPL). Je n’ai jamais eu accès à ce rapport de la psychiatre, qui, rappelons-le, ME concerne.

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